Le Honduras instaure l’état d’urgence pour lutter contre les groupes criminels

Des membres des forces spéciales, à Tegucigalpa, le 24 novembre 2022.

Au lendemain de l’instauration de l’état d’urgence par le président du Honduras, Xiomara Castro, de nombreux policiers ont été aperçus dans les principales villes du pays, vendredi 25 novembre.

Parce que le Honduras connaît la violence des gangs et le trafic de drogue, Mmoi Castro a décidé de renforcer la stratégie du gouvernement “restauration immédiate du territoire de non-droit”.

Le directeur de la police Gustavo Sanchez a déclaré qu’au moins 20 000 agents seraient mobilisés dans le cadre de la mesure. Les forces spéciales et la police étaient en grand nombre vendredi dans les rues de Tegucigalpa, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse (AFP). Environ cent vingt quartiers ou quartiers de la capitale et de la deuxième ville du pays, San Pedro Sula, ont été identifiés pour l’implantation. “état d’exception”il ajouta.

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Cinquante conducteurs ont été tués en 2022

L’instauration de l’état d’urgence intervient quelques jours après une manifestation dans la capitale de centaines de chauffeurs de bus réclamant des mesures pour empêcher l’extorsion des gangs criminels.

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Le chef des opérateurs de bus au Honduras, Jorge Lanza, a soutenu les mesures d’urgence de l’État, affirmant que les chauffeurs réclamaient des mesures répressives depuis des années. « Nous ne pouvons pas tolérer que des travailleurs soient tués ou payésa-t-il annoncé. J’espère que ces étapes fonctionneront et dureront. »

Depuis le début de l’année, cinquante chauffeurs ont été tués, a annoncé M. Lanza, et deux mille cinq cents l’ont été ces quinze dernières années. Il a estimé que l’entreprise et les chauffeurs payaient au gang en moyenne près de 10 millions de dollars (9,6 millions d’euros) par mois pour continuer à travailler. [Nous déclarons] lutter contre l’extorsion, tout comme nous avons déclaré lutter contre la corruption, l’impunité et le trafic de drogue.dit jeudi Mmoi Castro, la première femme du pays, est devenue présidente en janvier.

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Les autorités n’ont pas précisé quel état d’urgence elles imposeront, mais les mesures suspendent généralement les règles normales régissant les arrestations et les perquisitions ; parfois des restrictions à la liberté d’expression et de réunion sont également imposées.

Un exemple salvadorien

Avec une population de dix millions d’habitants, le Honduras a enregistré un taux d’homicides au premier semestre de 18,47 pour 100 000 personnes et s’attend à un taux d’homicides de 37 pour l’année 2022 (bien qu’il chutera jusqu’en 2021, avec un taux de 42 homicides pour 100 000 personnes).

Le Honduras est au coeur “triangle de la mort” en Amérique centrale, une région en proie à la violence, à la pauvreté et à la corruption. Des gangs criminels, appelés « maras », font régner la terreur dans le petit pays, ainsi qu’au Salvador et au Guatemala.

Le président salvadorien Nayib Bukele a demandé au Congrès de lui accorder des pouvoirs extraordinaires après que des gangs aient été accusés de 62 meurtres le 26 mars. Cette décision d’urgence a été mise à jour tous les mois depuis. Il suspend certains droits constitutionnels et donne à la police plus de pouvoir pour arrêter et détenir des suspects.

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La mesure s’est avérée populaire parmi la population et a conduit à l’arrestation de plus de cinquante-six mille personnes pour des liens présumés avec des gangs. Mais les organisations non gouvernementales ont documenté plusieurs milliers de violations des droits de l’homme et au moins quatre-vingts décès dans la détention de personnes arrêtées pendant l’état d’urgence. Les militants des droits de l’homme affirment que les jeunes sont souvent arrêtés en raison de leur âge, de leur apparence ou du fait qu’ils vivent dans des bidonvilles dominés par des gangs.

Le Monde avec AP et AFP

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