Que risquent les militants qui attaquent les chefs-d’œuvre des musées européens ?

Le 14 octobre, deux militants ont pour la première fois jeté de la soupe sur le Tournesols de Van Gogh à la National Gallery de Londres. Arrêtez simplement le pétrole / Mando via REUTERS

Depuis le 29 juin, les musées sont l’une des principales cibles des militants de Just Stop Oil, Last Renovation ou Ultima Generazione. Face à ces militants, les systèmes judiciaires européens, pour la plupart, semblent impuissants.

Deux mois de prison dont un avec sursis. C’est la peine que les militants écologistes ont reçue pour s’être tenu debout La fille à la perle par Vermeer lors d’une tenue militante au musée Mauristhuis de La Haye le 27 octobre. Depuis près de six mois, les musées font régulièrement l’actualité, non pas à cause de leurs expositions, mais à cause du brio des militants écologistes. mercredi, le la soupe Campbell d’Andy Warhol, exposée à la National Gallery of Australia à Canberra, a vu de près les mains collantes des militants du mouvement Stop Fossil Fuel Subsidies Australia.

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Une vingtaine d’œuvres ont été visées par des militants de mouvements écologistes. Just Stop Oil en Grande-Bretagne, Futuro Vegetal en Espagne ou Last Renovation en France, ces mouvements, inconnus il y a encore quelques mois, font parler d’eux tous les jours dans les médias européens. Tous membres du réseau international A22, un collectif qui se revendique engagé dans une course pour sauver l’humanité, ces groupes de militants ne veulent pas “sensibiliser, plaider ou divertir (…) mais forcer le changement nécessaire pour que ce monde se produise”. Quitte à utiliser tous les moyens, même illégaux.

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Cependant, les risques que prennent ces militants ne sont pas très grands. Les poursuites pour avoir collé à un tableau ou versé de la soupe dessus restent relativement faibles. Selon un militant de la branche française du mouvement Extinction Rebellion, “les actions ne sont pas violentes et n’endommagent pas les oeuvres donc elles ne sont pas pénalement répréhensibles”.

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Pas de mal pas de crime

Plus aguerri aux aspects juridiques, un autre militant du mouvement écologiste confirme : “Il faut vraiment qu’il y ait un dommage matériel pour déclencher des poursuites. Dans le cas d’un militant qui s’en tient à un cadre, s’il n’y a pas de dommage, il n’y a pas d’infraction.Il ajoute toutefois que le Royaume-Uni s’inquiète de la multiplication des actions. “Ils ont changé la loi pour pouvoir mettre en prison ceux qui voudraient désobéir”, explique l’activiste.

En effet, la justice britannique a pris les devants le 21 juin 2022. A l’époque, le Royaume-Uni faisait face à une vague de blocages de routes et de raffineries initiée par des militants écologistes. Le projet de loi sur l’ordre public a été promulgué “en prévision de nouvelles infractions relatives à l’ordre public”. Le délit dit de forclusion, c’est-à-dire “s’attacher à une personne, un objet ou un sol” est passible d’une peine maximale de six mois d’emprisonnement, d’une amende illimitée ou des deux. Mais en fait, les sanctions sont actuellement plus légères.

Les deux militants londoniens qui ont saupoudré de soupe le Tournesols de Van Gogh à la National Gallery le 14 octobre, ont été inculpés. Si l’action est spectaculaire, aucun dégât n’a été constaté sur l’ouvrage. Le juge les a donc libérés sous caution sous deux conditions : qu’ils ne se rendent plus au musée et qu’ils n’utilisent plus de peinture ou de substances adhésives dans les espaces publics. Accusés de dégradations mineures, sur le châssis dans cette affaire, ils comparaîtront devant le tribunal le 13 décembre.

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Ballet de la répression

En Allemagne, seize scientifiques dont quatre Français ont été mis en prison. Rien à voir avec la peinture, les militants du mouvement Scientist Rebellion se sont collés à une voiture de luxe dans un showroom. Le climat général conduira-t-il à un durcissement de la répression face à la désobéissance civile ? Assurément. Jusqu’à présent, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne sont les seuls pays à avoir pris des mesures concrètes.

Le 28 octobre, à l’Opéra Bastille, Victor, un militant du mouvement Dernier Renouveau, monte sur scène pour interrompre. La flûte magique. Evacué des planches par les pompiers, il a ensuite été pris en charge par la police. “J’ai fait vingt heures de garde à vue”, il dit. En général, les militants peuvent être détenus jusqu’à 48 heures, le temps d’être présentés ou non à un juge. Après ces quelques heures de détention au commissariat, le jeune homme de 25 ans a été relâché. “Ils m’ont dit qu’il n’y aurait pas de poursuites parce que l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée”, il fait confiance. Et ajoute que dans le pire des cas il recevra une amende ou un rappel à la loi.

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