Sète : dans l’entreprise Boost, logistique et insertion font bon ménage

Logisticien pour une ONG américaine pendant sept ans, Anthony Lecosois a créé il y a un an et demi sa propre société de logistique sur le port de Sète.

Au port de commerce de Sète, Boost a emménagé dans un entrepôt de 10 000 m.2, vestige d’un terminal fruitier construit par la RTS en 2011. On se souvient de ce qui s’est passé ensuite. RTS a été placée en liquidation judiciaire en raison de la faillite de son unique client, la société israélienne Agrexco. La région est propriétaire de l’entrepôt dont la gestion est confiée à Port Sud de France. fin de parenthèses. Une nouvelle page s’ouvre avec cette installation inaugurale créée par la Frontignanise Anthony Lecosois il y a un an et demi. C’est une entreprise de logistique pour le e-commerce mais c’est un peu particulier car elle n’emploie que des personnes inscrites en insertion et spécifiquement des femmes. Il a été envoyé par le Pôle Employé, la Ligue Pédagogique, la Mission Locale, la Solidarte Urgens Setois…

Un agent logistique polyvalent n’est pas un métier spontanément associé aux femmes en raison du port de charge, de la rapidité et de la position debout. Cependant, Boost parie sur eux. « Dans notre vivier de candidats, nous avons très peu de femmes. explique Anthony Lekosois. Était-ce de l’autocensure ? Est-ce d’un recommandataire qui a tendance à référer des hommes ? Nous avons donc commencé à recruter 100% de femmes avec nos partenaires, que nous avons fait venir ici pour montrer que le travail n’est pas physique. Nous avons embauché sept hommes et pour l’équilibre de l’équipe, il nous a semblé important de la féminiser. Résultat : Une vingtaine de candidats ont postulé en septembre-octobre. Deux d’entre eux ont été retenus.

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C’est le cas de Sabrina. Nommé le 26 octobre, ce Néo Sétois de 42 ans se retrouve disponible pour trois ans de l’Académie de Crétel, où il travaillait dans l’équipe de sécurité mobile chargée d’intervenir dans les écoles. Sans revenu – “sur disponibilité, on ne mérite rien” -, sans trouver un travail qui lui permettrait de coordonner l’éducation de ses deux filles, âgées de 10 et 8 ans, ce travail apparaissait comme un bonjour. “La dernière chance est le tremplin”, dit-il.

Entreprise d’insertion labellisée par le ministère du Travail, Boost embauche avec un contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) de 6 mois de 35 heures rémunéré au Smic. ou du lundi au vendredi de 8h à 16h « Nous avons deux ans avec la personne que nous embauchons pour l’aider à réaliser son projet professionnel, et nous travaillons également sur les freins externes à l’emploi : garde d’enfants, logement, santé, transports », explique Anthony Lekosois. Après huit mois dans l’entreprise, Johanna est maintenant assistante dentaire en cabinet à Balruk (lire ci-dessous). Sabrina, qui veut être travailleuse autonome avec intervention familiale. Une assistante sociale de l’APJ (Association pour l’Insertion des Jeunes par l’Economie) assure la médiation pendant une heure toutes les deux semaines. Plus si besoin.

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Une très petite entreprise

Cette toute jeune entreprise travaille avec une vingtaine de clients e-commerçants, pour qui elle gère la logistique : de la gestion des stocks sur site à la commande jusqu’à son expédition. Ce sont des produits de l’économie sociale et solidaire : huile d’olive et vaisselle peinte à la main d’Italie, produits d’entretien et cosmétiques naturels, sacs d’une coopérative indienne, jeans éco-responsables commercialisés par Nagaev, basé à Lunel…

D’autres logistiques sont possibles

Boost entame sa première saison de Noël qui devrait être un pic d’activité commerciale et prévoit d’employer dix personnes supplémentaires d’ici fin 2023. Conjuguer réussite financière, bien-être de ses salariés et préoccupations environnementales, c’est le pari du jeune dirigeant. . “Tous les aspects négatifs des géants du e-commerce, nous avons essayé de les éliminer. Une autre logistique est possible.” Le plastique est banni, les emballages collent au plus près du produit, les employés ne sont pas guidés à la voix avec des écouteurs, pas de prime de vitesse. “On peut très bien avoir une entreprise qui tourne sans passer par les institutions. Nous soutenons aussi la polyvalence, qui va dans le sens du plan d’insertion : l’individu peut récupérer des compétences transférables.”

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Perspectives de développement

Anthony Lekosois a travaillé pendant sept ans comme logisticien humanitaire pour Mercy Corps, une organisation non gouvernementale (ONG) présente dans 45 pays. Ils sont intervenus en Afrique et au Moyen-Orient sur la base de catastrophes naturelles ou de guerres civiles. “De retour ici, j’ai eu envie de créer ma propre entreprise mais toujours avec des valeurs sociales et environnementales fortes. L’ensemble est l’endroit idéal car il y a de gros besoins en termes d’emplois et d’insertion.” Les clients de Boost sont des e-commerçants français mais aussi britanniques, suisses, belges, australiens… “Ce sont plus de jeunes entreprises qui nous appellent, Précise frontignanize. Leur croissance nous fait grandir. Notre client qui vend du thé bio est venu avec cinq palettes. Il a maintenant quarante ans.

Fin 2022, le chiffre d’affaires de Boost devrait être de 600 000 €. “Nous devons grandir, Le héros analyse. C’est un secteur avec des marges très faibles. C’est le volume qui permet de s’y retrouver.” Boost ne facture pas plus pour ses services que ses concurrents. “Il faut être dans le marché. Les clients veulent faire appel à nous pour avoir une logistique au même prix, des valeurs fortes et une qualité de service client inégalée. Ils peuvent mettre cela en avant sur leur site internet.”

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